Après dix années de paix, le cessez-le-feu entre le gouvernement Indien et les représentants du peuple Naga vient d’être reconduit pour une durée indéfinie. Il y a exactement 10 ans, le 1er août 1997, Indiens et Nagas avaient accepté de signer une trêve et de s’asseoir à la table des négociations.
Après quarante ans d’un conflit dévastateur, cette trêve et ces négociations étaient les bienvenues. Tout d’abord elles permettaient aux populations de retrouver le calme et la stabilité, ensuite elles promettaient une issue - que l’on espérait rapide - au conflit entre l’Inde et le Nagalim.
La première grande satisfaction des Nagas étaient d’être reconnus comme des interlocuteurs légitimes et de négocier d’égal à égal avec les Indiens. En effet, personne, sauf des missionnaires américains au 19e siècle, n’est jamais parvenu à pénétrer complètement dans les collines du Nagalim, et les Nagas ont donc toujours eu un contrôle de fait d’une bonne partie de leur territoire traditionnel.
Cependant, à part cette reconnaissance symbolique, les négociations semblent avoir très largement piétiné. Les deux positions diamétralement opposées des parties ont petit à petit évolué. Au début les Nagas demandaient un état indépendant composé de l’état de Nagaland et de territoires pris à deux autres états indiens et à Myanmar. L’Inde, de son côté, n’était prête qu’à faire quelques concessions générales concentrées sur l’état du Nagaland (plus grande autonomie, “special relationship”…).
10 ans de négociations infructueuses auraient pû faire capoter tout le processus de paix (en effet, le cessez-le-feu n’était pas d’une durée de 10 ans mais d’un an puis de 6 mois, reconduit à chaque fois qu’il arrivait à son terme). Pour la première fois cet été, les négociations devaient avoir lieu en Inde, à Delhi (elles avaient jusqu’ici lieu à l’étranger). Elles ont finalement été annulées et se sont déroulées les 30 et 31 juillets dans la ville Naga de Dimapur. Tout un symbole.
Les deux parties semblent avoir mis de l’eau dans leur vin. Les Nagas acceptent maintenant l’idée d’une quasi-indépendance (comprenez autonomie étendue) avec un état Naga gardant un lien organique avec la fédération Indienne. Les Indiens, eux, souhaitent trouver une solution dans le cadre de leur constitution mais semblent prêts à entendre les propositions des Nagas et à leur accorder l’autonomie à laquelle ils aspirent. Reste maintenant à concrétiser tout cela.
Suite aux négociations d’hier et avant-hier, un groupe de travail a été mis en place de chaque côté visant à étudier la constitution indienne et le projet de constitution Naga pour voir comment un partenariat entre les deux entités pourrait fonctionner.
La route sera longue.