Alors que la traduction française officielle du septième tome des aventures de l’apprenti sorcier n’est pas encore sortie (elle sortira en octobre prochain), de nombreux fans ont pris les devants et décidé, comme ce fut le cas pour les volumes précédents, de le traduire eux-mêmes à partir de l’original sorti officiellement le 21 juillet dernier. Ces afficionados prennent de gros risques juridiques (je sais que J.K. Rowling aime ses fans mais je ne sais pas si elle est très coulante au niveau copyright), et très souvent sans le savoir.
Dans des cas concernant le sous-titrage d’épisodes de séries télévisées (notamment des dessins animés sous-titrés par des fans après leur première diffusion) ou de transcription d’épisodes (notamment Buffy contre les Vampires) les tribunaux ont rarement été très compréhensifs envers les fans.
Je ne peux m’empêcher de trouver paradoxal le fait que les artistes et les producteurs trainent en justice des gens qui sont d’authentiques fans. On encourage en effet les gens à plonger dans le fétichisme en les invitant à acheter toutes sortes de produits dérivés liés aux personnages des romans (des gadgets Harry Potter seront offerts en cadeau avec des céréales ou des yaourts, on vendra des agendas et écharpes…). Il y a des produits dérivés pour aller à l’école, au bureau, à la plage, au ski, pour se brosser les dents… on fait tout pour développer ce culte autour d’Harry Potter, on fait en sorte qu’il soit présent dans toutes les dimensions de la vie des fans (jeux vidéo, jeux de société, vêtements, recettes de cuisine à la Harry Potter…), on se vante du fait qu’il y ait des files d’attentes de plusieurs kilomètres devant les librairies le jour de la sortie du livre… et puis quand des ados enthousiastes s’arrachent les cheveux pour traduire le bouquin avec un amateurisme qui ne fait pas réellement concurrence à la traduction officielle, on les somme d’arrêter sur le champ, faut de quoi on les traînera en justice.
Il y aurait pourtant mille choses intéressantes à débattre concernant la traduction faite par les fans (que vous pouvez trouver à cette adresse) et la traduction officielle, qui, à la différence de nombreuses traductions, est relue par l’auteur car J.K. Rowling est francophone.
Je constate que Harry Potter a stimulé le goût pour la lecture de millions de jeunes (et de moins jeunes) à travers le monde. Si ce roman peut aussi stimuler le goût des langues, pourquoi être si sévère avec les fans?